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HERPÈS : J’AI UN « NOUVEAU LOCATAIRE » DANS MA P’TITE CULOTTE ! 3/4

LES MYTHES ET LES CROYANCES À NE PAS CROIRE
PAR DANICK ROUSSEL, B.A. SEXOLOGIE

26 mars 2018

Pour faire suite à la dernière chronique Herpès : j’ai un « nouveau locataire » dans ma p’tite culotte ! Comment faire pour ne pas le transmettre à mon/ma partenaire ?, je te propose ici un autre thème important, qui revient fréquemment lorsqu’il est question du virus herpès simplex : les mythes et les croyances.

La sexualité tout comme les infections transmises sexuellement (ITSS) ont toujours été un tabou. Nous devons probablement cela aux mœurs. En effet, toute personne qui ne cadrait pas dans la norme d’une sexualité reproductive à l’intérieur du mariage, se voyait automatiquement marginalisée et se méritait d’être couverte de honte par sa communauté. C’est ainsi que les ITSS sont devenues la proie de jugements honteux, car si une personne vivait avec une telle infection, les gens croyaient que c’était certainement à cause de la pratique d’une sexualité qui n’était pas prescrite socialement parlant.

Revenons à aujourd’hui. Même si notre société occidentale a fait quelques pas en matière d’éducation à la sexualité, il s’avère que les jugements actuels entourant le virus de l’herpès ne sont pas si loin de ceux que l’on portait autrefois.

Tu comprends maintenant pourquoi ces genres de jugements sont bien ancrés dans l’esprit. Ils proviennent de très loin. C’est aussi pourquoi il semble que le fait d’avoir l’herpès est difficile non pas à cause des obstacles à la vie sexuelle et intime de ceux qui en sont porteurs (ces obstacles peuvent se pallier très facilement), mais plutôt à cause des jugements sociaux qui entourent le virus.

Ainsi donc, tu as peut-être développé certains mythes/croyances sur toi-même, depuis que tu as reçu ton diagnostic. Ces mythes/croyances peuvent être si bien imprégnés en toi qu’ils dirigent en quelque sorte ta façon de te comporter, de penser et te sentir, lorsqu’il est question d’une situation en lien avec le fait que tu vis avec le virus.

Alors, il est primordial de prendre conscience de ses croyances sur soi, car ce sont probablement les plus grandes responsables de la détresse que tu peux ressentir, depuis que tu as reçu le diagnostic. Pour t’aider à t’en défaire, voici un petit truc comprenant trois étapes que tu peux utiliser.

  1. Identification
  2. Observation
  3. Rationalisation

1 — La première étape est d’identifier les mythes/croyances sur toi. Pour t’aider à le faire, voici quelques exemples courants.

L’immoralité ~ Cette croyance est la tendance à se percevoir comme ayant une sexualité immorale et déviante, sans quoi tu n’aurais pas contracté l’infection. Or, il faut savoir que la majorité des gens vit avec l’herpès, dont plusieurs ne sont pas diagnostiqués et même asymptomatiques. Il peut donc s’agir d’une seule relation sexuelle avec une personne qui ne sait pas qu’elle est porteuse pour contracter le virus.

L’impossibilité d’avoir une sexualité satisfaisante ~ Beaucoup ont peur que leur sexualité ne soit plus vécue de façon agréable, ou de ne plus avoir de vie sexuelle. Tu peux également avoir l’impression qu’elle viendra maintenant avec des contraintes. Or, il existe aujourd’hui plusieurs moyens de prévention permettant de vivre une sexualité plaisante et épanouie. Et qui a dit que la sexualité se limitait seulement à la génitalité ? Caresses et enlacements en période de récurrence, c’est possible !

Être indigne d’amour et vivre seul(e) pour le restant de ses jours ~ Cette croyance est souvent associée à la peur d’être rejeté après avoir dit à son/sa partenaire que l’on vit avec l’herpès. Le tout provient du fait que l’on a tendance à réduire son identité à celui de « porteur d’un virus », en oubliant toutes ses forces et ses qualités qui font de soi une personne à part entière.

Te sens-tu maintenant capable d’identifier tes croyances sur toi ? Allons alors à la deuxième étape.

2  — La deuxième étape consiste à te placer dans une position d’observateur de tes pensées qui carburent tes croyances sur toi. Le fait de te placer en observateur implique que tu regardes tes pensées en lien avec tes croyances sur toi, et ce, sans y ajouter de jugements supplémentaires. Imagine-toi comme étant assis tranquillement dans un champ sur le bord d’une autoroute et que tu regardes les voitures passer. Les voitures représentent tes pensées qui carburent tes croyances sur toi. Ainsi, tu regardes les voitures apparaître et disparaître dans ton champ de vision, sans jugements et sans courir derrière elles, tout comme tes pensées qui apparaissent et disparaissent dans ton esprit, lorsque tu cesses également de les suivre constamment.

3 — La troisième étape est de rationaliser. Il est donc question ici de mettre en doute chacune de tes croyances sur toi. Comment ? En te posant des questions simples, mais précises. Voir les exemples suivants :

— « J’ai parfois l’impression que je vais vivre seul(e) pour le restant de mes jours » — est-ce que tu peux absolument dire que c’est vrai ? Oui ou non ?

Cette simple question peut rapidement ramener à la réalité, car comment peut-on avoir la certitude que chaque pensée que l’on a sur soi-même est une vérité absolue ?

Puisque la réponse sera probablement « non », chaque fois, il faut trouver une liste d’arguments qui confirment la réponse « non », à la dernière question. Voir l’exemple suivant :

— « Je vais vivre seul pour le restant de mes jours » — est-ce que tu peux absolument dire que c’est vrai ? Réponse : non.

Liste d’arguments :

  • Car je suis une personne qui est à l’écoute des autres;
  • Car je suis une personne qui est inspirante à travers le travail que j’accomplis;
  • Je ne suis pas la seule personne à vivre avec l’herpès;
  • Etc.

La prochaine question à se poser est la suivante : « Comment je me sentirais sans ces croyances ? » Répondre à cette question permet d’envisager que l’on serait beaucoup mieux si l’on relâchait un peu les liens qui nous rattachent à nos croyances sur soi. En effet, plusieurs (voire tout le monde) prennent chacune de leurs pensées au sérieux en oubliant de leur accorder une importance relative.

À toi maintenant de pratiquer ce petit exercice quotidiennement chaque fois qu’une croyance sur toi semble prendre trop de place dans ta tête. Bien sûr, il y a plein d’autres moyens pour t’aider à avancer dans le processus d’acceptation du diagnostic. N’hésite pas à consulter un sexologue ou un autre professionnel compétent avec lequel tu pourras discuter plus longuement de tes inquiétudes et des interrogations. En ce sens, tu es cordialement invité à prendre connaissance des services que la clinique peut t’offrir.

  • La Clinique A offre des rendez-vous (gratuits !), avec nous, stagiaires en sexologie, pour des consultations individuelles ou de couple dans le but de te soutenir et de t’accompagner. Nous serons présents jusqu’au 19 avril 2018. Voir ce lien pour plus d’informations.
  • Nous offrons des groupes de soutien pour les personnes vivant avec l’herpès, en collaboration avec le CAPAHC et le portail VIH/sida du Québec. Il reste 1 atelier : 

11 avril
Tout ce que vous n’avez jamais osé demander sur l’herpès
Invité spécial : Dr Marc Steben

de 18 h 30 à 20 h 30
Au CAPAHC, 2000 rue Notre-Dame Est, suite 502 (près du métro Papineau)

C’est gratuit !
Communiquez avec nous à [email protected] ou au 1-844-847-4242 pour vous inscrire.
Nombre de places limité.

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Liens utiles : Herpès : j’ai un « nouveau locataire » dans ma p’tite culotte ! 1/4 : Comment reconnaître le virus herpès simplex de type 2.

Herpès : j’ai un « nouveau locataire » dans ma p’tite culotte ! 4/4 : Mettre fin à la surresponsabilisation et l’autoaccusation, en vivant dans l’autocompassion.

Headspace | Meditation | Changing Perspective 
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Vidéo sur la méditation et le changement de perspective (en anglais seulement)