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Histoires de viols : l’importance de croire les victimes

Par Dr Marc Steben

7 mai 2015

En novembre dernier, le magazine américain Rolling Stone, réputé pour le sérieux de son contenu, publiait un article dans lequel « Jackie », une étudiante, relatait le terrible viol collectif dont elle avait été victime en 2012, lors d’une fête dans une « fraternité » de l’Université de Virginie. Cet article a très vite déclenché une polémique, ses détracteurs (des grands journaux, notamment le Washington Post) reprochant au magazine de ne pas avoir donné la parole aux présumés agresseurs de Jackie, et donc d’avoir fait preuve d’un manque flagrant de rigueur journalistique. Effectivement, l’histoire de Jackie n’avait pu être appuyée par des faits probants provenant d’autres sources, et la direction de Rolling Stone a fini par déclarer que la publication de cet article équivalait à un véritable fiasco journalistique. D’ailleurs, en tentant d’accéder à l’article controversé, on arrive désormais sur un rapport d’enquête commandé par Rolling Stone qui confirme cette conclusion.

Fin de l’histoire? Malheureusement pas…

Cet « incident » malheureux a créé un terrible malaise et pourrait nuire considérablement aux victimes de viol alors que les agressions sexuelles sur les campus constituent un réel fléau, selon le rédacteur en chef de Rolling Stone et de nombreux groupes de défense des victimes. Celles-ci risquent d’avoir encore plus peur de dénoncer le crime subi, par crainte d’être qualifiées de « Jackie ». Or, la recherche établit que le taux de faux rapports de viol se situe entre 2 % et 8 % de tous les viols rapportés.

Un mouvement à l’échelle mondiale pour contrer la banalisation du viol

Un mouvement intitulé « Stop rape, believe survivors » vient d’émerger, aux États-Unis, en réaction à cette histoire. On ne peut s’empêcher de faire un lien avec le hashtag « #beenrapedneverreported » qui avait fait son apparition sur Twitter suite à l’affaire Ghomeshi, le reporter de la CBC, accusé d’agressions sexuelles et d’étranglement. Et puis, évidemment, on pense à Bill Cosby. The Guardian, quotidien britannique parmi les plus respectés, titrait récemment : Horrific stories about Bill Cosby were out there for years. Why are we only now listening to these womenL’auteure déduit que c’est au moment où des hommes en ont parlé que le monde a écouté...

Parmi les symptômes de la banalisation des agressions sexuelles (surtout envers les femmes) : les « jokes de viol », qui s’insèrent mine de rien dans le discours populaire, ou le « victimshaming » (l’humiliation de la victime), populaire dans les réseaux sociaux des ados — et parfois aussi des adultes. Comme le souligne Véronique Grenier dans une chronique à La Tribune, non, ce ne sont pas « juste des mots » et cette normalisation d’un langage à la fois violent et « objectivisant » envers les femmes contribue à ce que l’on nomme la « culture du viol », et renforce la crainte de dénoncer et le sentiment de honte chez la victime. N’oublions pas qu’une femme sur trois est victime d’agression sexuelle au cours de sa vie.

Un taux de détresse psychologique accru en cas de non-dénonciation

Retarder la dénonciation d’un abus sexuel est un très grave problème selon les auteurs d’une recherche portant sur la fréquence des abus sexuels pendant l’enfance et le moment de la dénonciation, réalisée en 2009 auprès d’un échantillon de 804 adultes québécois.

Quelques données pour vous donner une idée du portrait dressé par cette étude :

  • La fréquence des agressions sexuelles durant l’enfance (ASE) est de 22,1 % chez les femmes et de 9,7 % chez les hommes;
  • 6,7 % des ASE ont été perpétrées avant l’âge de 6 ans, 23,3 % entre 6 et 11 ans et 70 % entre 12 et 18 ans;
  • Le taux de revictimisation est de 21,9 %;
  • Environ une victime sur cinq n’a jamais divulgué l’agression; 
  • 21,2 % des adultes ont répondu avoir rapidement divulgué l’agression (moins d’un mois après le premier épisode) alors que près de 50 % ont attendu plus de cinq ans avant de le faire.

Mireille Cyr, professeure au Département de psychologie de l’Université de Montréal et l’une des cinq auteurs de l’étude, en conclut que « plus on met du temps à dévoiler la situation, plus elle dure et plus les séquelles sont importantes ».

Des séquelles graves

La détresse psychologique qui afflige les victimes d’agressions sexuelles durant l’enfance n’ayant jamais divulgué l’agression dont ils ont été victimes comprend les troubles anxieux, la dépression, les problèmes de concentration et l’irritabilité, un affaiblissement des désirs affectifs, un état d’hypervigilance, etc.

La dénonciation est plus rapide chez les femmes, les hommes ayant tendance à garder le silence pour étouffer leur sentiment de honte.

L’agression sexuelle « extrafamiliale » est généralement dévoilée plus rapidement, contrairement à l’agression intrafamiliale qui pourrait être associée à un sentiment de trahison et de bouleversements de vie plus importants.

Une meilleure formation pour les professionnels de la santé

Les résultats de cette étude soulignent l’urgence de former les professionnels de la santé en milieu clinique afin qu’ils puissent être outillés pour déceler les passés d’ASE. Ceux-ci questionnent rarement les adultes au sujet de l’existence d’ASE, en particulier lorsqu’ils rencontrent des clients masculins, ce qui a pour effet de réduire les probabilités de bénéficier de références adéquates.

Une aide concrète pour les victimes

Les victimes qui dévoilent les faits rapidement sont plus susceptibles de bénéficier de services d’aide favorisant une réduction de la détresse psychologique – et de multiples organismes existent pour les soutenir durant cette dure épreuve qu’est la divulgation.

L’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC), les Centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) et le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) sont là pour vous aider.

N’hésitez pas à en parler également à votre médecin, qui peut vous accompagner dans votre demande d’aide à l’IVAC.