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Comment réagir à une divulgation d'herpès

Par Morag Bosom, stagiaire au baccalauréat en sexologie

3 avril 2017

On estime que près de 80 % de la population mondiale est porteuse du virus de l’herpès simplex, types 1 et 2 confondus. Tous ces individus ont le fameux « feu sauvage » au niveau de la bouche ou des pantalons. Ce qui veut dire qu’il y a de fortes chances que vous ayez déjà croisé un(e) ou des partenaires sexuel(le)s qui avaient l’herpès. Alors, qu’allez-vous faire quand ils/elles vont vous l’annoncer ? Partir en courant n’est probablement pas la meilleure solution, puisqu’avec 80 % de la population, vous allez courir souvent.

Alors, prenez une grande respiration et réfléchissez aux différents éléments à prendre en compte, lorsque votre partenaire vous dévoile qu’il/elle a l’herpès : le risque de transmission, les modes de protections et, bien entendu, votre partenaire qui s’est confié(e).

Quels sont les risques ?

Rassurez-vous, la transmission de l’herpès n’est pas automatique. Il y a des conditions et quelques prérequis. Premièrement, il faut une porte de sortie du virus chez la personne infectée. Dans les cas évidents, il s’agit des lésions… évidentes. Celles-ci ne sont pas présentes 24 h/7 jours chez votre partenaire, mais plutôt quelques fois par année. Dans les cas moins ou pas du tout évidents, il y a des personnes qui ont la porte de sortie ouverte, mais sans lésions visibles. Celles-ci peuvent parfois avoir des sensations et reconnaître qu’un « épisode d’herpès » arrive, mais sans les lésions évidentes. De plus, il y a l’excrétion asymptomatique, où le virus se trouve en quantité suffisante pour être contagieux, mais ne cause pas de signes ni de symptômes. Par contre, ces excrétions ne se produisent qu’environ 1-3% des jours sans lésions.

Deuxièmement, il faut un contact direct avec une porte d’entrée. Pour qu’un virus pénètre la peau, il faut que la peau soit suffisamment fragilisée, voire qu’il y ait des lésions. Voilà pourquoi l’herpès se retrouve près des muqueuses de la bouche et des organes génitaux : les tissus sont beaucoup plus fragiles et donc sujets à des microlésions à cause de frictions, notamment pendant les activités sexuelles, y compris les préliminaires.

Troisièment, les prodromes. Ce sont les signes et symptômes avant-coureurs qui nous avertissent que le virus est arrivé à la surface de la peau, mais n’a pas encore eu le temps de créer des lésions. Ces prodromes se produisent souvent de 24 h à 48 h avant l’apparition des lésions herpétiques, s’il y en a. Souvent, la personne va ressentir des picotements, échauffements ou même des courbatures près de la zone où se retrouveront les lésions. Cette période comporte aussi des risques de transmission. Vous pouvez ainsi demander à votre partenaire si il/elle reconnait ses prodromes pour diminuer ce risque.

Je me protège, tu te protèges, nous nous protégeons !

Quand une personne nous annonce qu’elle a l’herpès, on se dit tout de suite : « Zut, on va devoir mettre le condom et j’haïs ça ! » Par contre, ce condom vous devriez le mettre avec tou(te)s vos partenaires sexuel(le)s jusqu’à ce que chacun ait fait un dépistage et que les deux partenaires en aient discuté. Pourquoi en discuter ? Parce qu’il n’y a pas de dépistage de routine pour l’herpès. On peut le dépister en faisant un prélèvement (donc, nécessite des lésions) et on peut le confirmer par une prise de sang appelée sérologie. Alors, mettre le condom avec une personne qui a l’herpès n’est pas une nouvelle pratique à adopter, mais plutôt un rappel de ce qu’on devrait faire pour prendre soin de soi. En plus, votre partenaire désire aussi se protéger pour ne pas contracter d’autres ITSS. Par la même occasion, vous aurez la chance de découvrir d’autres moyens de protection comme le carré de latex ou la digue dentaire et les condoms féminins, qui recouvrent une plus grande surface des régions génitales. Allez donc faire un tour à la boutique érotique la plus proche !

Un autre mode de protection est tout simplement d’en parler. Votre partenaire a diminué le risque de transmission de moitié en vous dévoilant qu’il/elle a l’herpès : le risque est identifié, on a enfin quitté la zone « je prends une chance… ». En effet, vous ne le savez peut-être pas, mais la grande majorité des gens vivant avec l’herpès de type 2, par exemple, ne le savent pas et sont à risque de vous le transmettre. De même, si votre partenaire vous l’a dit, cela veut aussi dire qu’il/elle s’est renseigné(e) et qu’il/elle sait comment minimiser les risques de transmission. Plus rassurant qu’une personne qui ne met pas de condom et ne pose pas de questions, n’est-ce pas ?

Aussi, votre partenaire prendrait sûrement des antiviraux pour réduire ses symptômes lors des crises. Les antiviraux pris de façon continue (une fois par jour, sans oublis) peuvent même réduire la charge virale et par conséquent le risque de transmission. Vous pouvez alors demander à votre partenaire si il/elle serait à l’aise de prendre le traitement en continu pour vous rassurer, à condition qu’il/elle en parle avec son médecin.

N. B. On l’oublie souvent, mais une personne qui a un épisode d’herpès avec lésions n’a probablement pas envie d’avoir une relation sexuelle, par inconfort. Parfois, un peu de tendresse et de rapprochements suffisent à passer l’épisode… Alors, juste avec ça, on réduit pas mal le risque de transmission !

Le dernier, mais non le moindre… votre partenaire !

En ce moment, votre priorité est votre sécurité et c’est normal, mais qu’en est-il de la personne qui vient de vous dévoiler qu’il/elle a l’herpès ? Il/elle a vécu des enjeux pour en arriver à vous le dire. Cette personne a visiblement votre santé et votre confiance à cœur. En fait, comme mentionné plus haut, elle vous protège en se mettant à nu et n’est pas assurée que vous allez être à l’aise avec la situation. Alors, même dans le cas où vous ne voulez pas poursuivre la relation, assurez-vous de le faire avec respect, puisque votre partenaire vous a accordé sa confiance.

Ainsi, laissez-lui la chance de vous expliquer, de répondre à vos questions et de vous montrer comment votre sexualité sera épanouissante, herpès ou pas. Vous pouvez même aller voir un médecin spécialisé en santé sexuelle ou un(e) sexologue qui va pouvoir répondre à vos questions plus pointues sur le sujet. Rien ne presse, votre partenaire peut comprendre si vous avez besoin d’un peu de temps pour réfléchir. L’important, c’est de prendre un moment pour y penser.

 

Morag Bosom

À lire : 
J’ai quelque chose à te dire... Dévoiler son herpès génital à son/sa partenaire, partie I
Dévoiler son herpès génital à son/sa partenaire, partie II : Astuces astucieuses pour dévoiler son herpès génital

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ATELIERS SEXOLOGIQUES 2017
On SEXplique tout sur l’herpès

Animatrices : Morag Bosom et Patricia Deland,  stagiaires en sexologie

Pour répondre aux besoins des personnes vivant avec l’herpès

7 février : Atelier 2 – Une sexualité satisfaisante
21 février : Atelier 3 – L’acceptation du virus
7 mars : Atelier 4 – L’image corporelle
21 mars : Atelier 5 – Les enjeux du dévoilement
4 avril : Atelier 6 – Les compétences liées au dévoilement

de 18 h à 20 h
Au CAPAHC, 2000 rue Notre-Dame Est, suite 502 (près du métro Papineau)

 

C’est gratuit ! Communiquez avec nous à
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