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J'ai quelque chose à te dire... Partie II

DÉVOILER SON HERPÈS GÉNITAL À SON/SA PARTENAIRE, PARTIE II, par MORAG BOSOM, STAGIAIRE AU BACCALAURÉAT EN SEXOLOGIE

30 janvier 2017

Astuces astucieuses pour dévoiler son herpès génital

Bon. Maintenant qu’on est d’accord qu’il faut le dire, comment le dire ? Si vous n’êtes pas certain(e) de vouloir le dire ou non, je vous conseille de lire la première partie de cette chronique.

#1 Le truc numéro un qu’il ne faut pas oublier, ne jamais dramatiser. En ayant une attitude calme et ouverte, vous vous assurez de ne pas tomber dans la tragédie. En effet, si vous parlez avec confiance de votre herpès, l’autre sera beaucoup plus ouvert(e) à l’accepter que si vous semblez en souffrir chaque jour. Il faut vendre sa salade, quoi ! Cependant, il se peut que vous ressentiez un certain stress avant de dévoiler que vous avez l’herpès et c’est normal. Parfois, un élan émotif peut survenir et c’est très bien aussi. Il faut simplement vous rappeler que vous n’avez rien à vous reprocher. Au contraire, vous protégez la personne en lui dévoilant votre statut, alors n’oubliez pas de le lui dire aussi.

#2  Il faut choisir un bon moment. De préférence, un moment où l’intimité est déjà créée, comme lorsque le ou la partenaire vous a confié quelque chose de personnel. Idéalement, on évite un moment qui précède une relation sexuelle. Votre passion du moment risque de prendre le dessus et vous faire oublier votre mission. Ne dévoilez pas non plus votre herpès juste après une relation sexuelle. Cela ne fera qu’augmenter votre culpabilité et l’autre pourrait vous reprocher de ne pas l’avoir dit « avant ».

#3  Il y a moyen de faciliter le discours. On peut aussi jouer la manipulation et utiliser des formulations comme « on m’a transmis l’herpès » (et non « j’ai attrapé l’herpès »), ce qui aide à nous distancier de l’infection aux yeux du/de la partenaire. Pour devenir expert(e) en manipulation, visitez le blogue Mon petit bobo. De plus, n’oubliez pas d’invoquer les sentiments : rappelez à votre partenaire que vous lui faites assez confiance pour lui livrer ce secret et que c’est important pour vous d’en parler.

#4  Il faut partager certaines informations. Vous avez des connaissances en matière d’herpès, que vous avez accumulées suite à votre diagnostic. Servez-vous-en ! Normalisez votre situation avec des statistiques. Vous n’êtes pas une espèce rare et compliquée, c’est même prouvé ! Questionnez les connaissances de votre partenaire sur le « feu sauvage » et demandez-lui si il/elle quitterait quelqu’un pour ça? La réponse sera probablement non. Faites-lui ensuite comprendre qu’il s’agit du même genre d’infection, juste un peu plus au sud. N’oubliez pas non plus de lui parler de vos moyens de protection : condom, lubrifiant et traitement. Avec votre arsenal, le/la partenaire sera rassuré(e). Bref, prouvez-lui que la sexualité avec vous sera bien plus sécuritaire qu’avec une personne qui ne sait pas ce qui se passe dans son pantalon.

#5  Il se peut que vous passiez des heures à vous préparer devant votre miroir et que vous ayez répété un monologue parfait des centaines de fois. Malgré tout, vous êtes figé(e) à l’idée de l’exécuter en personne. Si vous ne trouvez pas le courage de débuter la conversation, dites simplement : « j’ai quelque chose à te dire ». Avec ça, plus moyen de reculer, même pas d’un millimètre. Vous n’avez plus qu’à respirer un bon coup et commencer votre discours.

Et après… ?

Il est possible que votre nouvelle demande un certain temps pour se digérer et c’est normal. Rappelez-vous quand vous l’avez appris vous-même et soyez ouvert aux questions de votre partenaire. Proposez-lui du temps pour y penser, et pourquoi ne pas aller voir une sexologue, votre médecin, une personne ressource ou un groupe de soutien pour répondre à ses questions. Cela va vous aider, en duo, à développer des stratégies pour vous adapter.

On ne pourra jamais prédire une réaction, mais l’important, c’est que vous l’ayez dit. Et vu que vous l’avez si bien fait, toutes les chances sont de votre côté ! Si toutefois un(e) partenaire a la frousse pour un petit herpès, eh bien… votre herpès vous a protégé d’une personne qui n’est pas à votre mesure. Mais soyez tranquille, avec ces stratégies, vous risquez fortement de gagner votre pari.

Bon courage !

Morag Bosom

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ATELIERS SEXOLOGIQUES 2017
On SEXplique tout sur l’herpès

Animatrices : Morag Bosom et Patricia Deland,  stagiaires en sexologie

Pour répondre aux besoins des personnes vivant avec l’herpès

7 février : Atelier 2 – Une sexualité satisfaisante
21 février : Atelier 3 – L’acceptation du virus
7 mars : Atelier 4 – L’image corporelle
21 mars : Atelier 5 – Les enjeux du dévoilement
4 avril : Atelier 6 – Les compétences liées au dévoilement

de 18 h à 20 h
Au CAPAHC, 2000 rue Notre-Dame Est, suite 502 (près du métro Papineau)

 

C’est gratuit ! Communiquez avec nous à
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