Centre de santé sexuelle & santé voyage dans le Vieux Montréal 514 787-0055 - RDV en ligne

Liste
Comment réagir à une divulgation d'herpès
J'ai quelque chose à te dire... Partie II
J’ai quelque chose à te dire...
L’abécédaire #égalsexy, par Dominique Pétin
Lichen scléreux, sexualité et intimité
Le blogue #égalsexy par Mélanie Couture
Test Pap et vaccin contre le VPH : formule gagnante pour prévenir le cancer du col de l’utérus
SERVICE SEXOLOGIQUE À PRIX MODIQUE
Le blogue #égalsexy, par Pierre-Bruno Rivard
Le blogue #égalsexy, par Anne-Marie Losique
L’épilation intime, oui ou non ?
La sexualité trans, par Huguette St-Denis
Le blogue #égalsexy, par Anne-Marie Dupras
Le bouton d'amour ou la pointe de l'iceberg
Je me suis demandé pourquoi j’avais peur, par Guillaume Lambert
La sexualité des aînés, par Janette Bertrand
De plus en plus nombreuses à utiliser la DivaCup
La contraception, est-ce possible à deux ?
La santé sexuelle, quand la dépression s’en mêle
Aimer son corps
Apprivoiser la ménopause
Posez vos questions à nos stagiaires en sexologie !
Virus ZIKA
Quelques réflexions sur la vie avec des condylomes
Notre meilleure résolution pour 2016
Les sites de rencontres, j’y vais ou j’y vais pas?
Mieux vivre avec le lichen scléreux… en sachant le démystifier !
L’ABC du VIH en 2015
Quelques nuances de BDSM
MTS ou ITS, est-ce la même chose ?
Des fantasmes et autres rêveries sensuelles
Tatouages sans risques
Le dépistage prénatal des ITSS
Fin du désir… Fin du couple?
Mieux voyager en avion
L’hygiène intime, côté hommes
Hygiène féminine : finies les obsessions!
Réduire le risque du cancer de la prostate : à vous de… jouer!
Combien de fois on fait l'amour pour vrai?
Journée mondiale contre l’hépatite
L'amour, l'été
Vous partez en voyage? N’oubliez pas les vaccins!
Les ITSS en hausse chez les 50 ans et +
La trousse santé en voyage : un must!
La pansexualité, qu’est-ce que c'est?
Réjean Thomas est nommé Officier de l'Ordre national du Québec
À propos de l’homéopathie
La vie sexuelle après un accouchement
Ô Soleil Soleil!
Mieux comprendre le dépistage
Histoires de viols : l’importance de croire les victimes
Cent mille raisons de bouger!
Le sommeil, un "boost" pour la libido
Santé sexuelle et alimentation
Le meilleur du web au féminin
Je sens une « bosse » dans mon sein !
Les gars, le VPH, ça vous concerne aussi !
Flash sur l'endométriose
Journée de la femme et Contraception : la pilule en continu
Combattre la discrimination pour une meilleure santé publique
L’herpès ou « les feux sauvages de l’amour »
« Trop aimer », c’est possible ?
Nouveau gynécologue à Montréal
Dr Réjean Thomas est nommé Grand Montréalais
Prix du mérite 2014
Guérie de l'hépatite C
Prix Hippocrate 2014 :
Le prix Claude-Tourangeau
Conférence : La prévention en 2014
Hépatite C : Nouveaux traitements
Nouveaux traitements pour l'hépatite C
Périodes d'incubation des ITSS (ITS, IST, MTS)
Nouvelle ITS (IST) : Mycoplasma genitalium
[Communiqué] Média A — Communications l’Actuel présente
L'Actuel appuie la position du CQ-LGBT
Éclosion du LGV à Montréal
La bactérie H041 ou « Superbactérie »
ALERTE — Hépatite C
VIH — Le traitement des enfants représente un défi
Vivre avec le VIH
MotsEcho.com
Journée mondiale du sida – 1er décembre 2012
Chlamydia et gonorrhée 
Rapport de l'INSPQ sur les ITSS au Québec
Nouveau sondage auprès des personnes vivant avec le VIH/sida
[AVIS] Trousses de dépistage du VIH et de MTS à domicile
La gonorrhée inquiète l'OMS
VIH : Des scientifiques du NIH identifient une nouvelle protéine qui inhibe le virus
Dossier sur le PREP (Truvada®)
Réjean Thomas, rédacteur d'un jour au journal Métro
Augmentation de la syphilis infectieuse chez les jeunes
INCIVEK™ (télaprévir)
Syphilis chez les femmes au Québec
La Clinique A rue McGill à l'émission Une pilule, une petite granule
La Clinique A rue McGill

La santé sexuelle, quand la dépression s’en mêle

PAR VICKIE RUEL, STAGIAIRE AU BACCALAURÉAT EN SEXOLOGIE

6 avril 2016

Le couple est-il assez fort pour survivre lorsqu’un des partenaires sombre dans la dépression ? De quelle façon la dépression peut-elle influencer les relations amoureuses, la vie sexuelle à deux ?

Certains facteurs tels que le soutien du partenaire, la communication au sein du couple et une meilleure compréhension de la maladie semblent jouer un rôle clé pour que cette période difficile se déroule au mieux pour chacun des partenaires.


L’histoire de Jessica et de Sébastien (prénoms fictifs) permettra d’illustrer les différentes étapes que peut traverser un couple lorsque la dépression s’installe chez l’un des partenaires.

L’HISTOIRE DE JESSICA


D’un regard extérieur à la relation, Jessica vivait le parfait bonheur avec Sébastien, son amoureux de longue date. Il semble toujours y avoir eu beaucoup de chimie entre ces deux-là. « Le sexe entre nous c’est passionné, c’est vrai et ça me comble tellement ! » voilà le genre de discours que Jessica tenait à propos de sa vie sexuelle avec Sébastien. « On est vraiment sur la même longueur d’onde quand on fait l’amour ». Cette relation, elle ne l’échangerait pour rien au monde.

Par contre, récemment, Jessica a remarqué un changement dans ses envies sexuelles. « On dirait que j’ai moins le goût qu’avant. Ce n’est pas que je n’ai pas envie, mais plus que je n’ai pas le temps d’avoir envie de faire l’amour, je n’ai pas de temps pour ça… En fait, on dirait que je n’ai plus le temps ni le goût de le faire. C’est comme si je n’avais plus le goût de rien faire… » Entre le boulot, les cours de yoga, la préparation des repas de la semaine et toutes les tâches ménagères, Jessica se sent débordée. « Je suis tellement fatiguée, je ne peux pas croire ! Je dois manquer de vitamines, faire une mononucléose ou quelque chose comme ça… ». Eh bien non, ce que Jessica vit, c’est plutôt ce qui s’apparente à un grand mal-être intérieur, celui de la dépression majeure. « Une dépression ? Pas question ! Pas moi… De toute façon, c’est dans la tête, ça… Et qu’est-ce que Sébastien en dirait ! 
En plus, je ne vois pas quel lien la dépression pourrait avoir avec ma libido ».

LA DÉPRESSION, UN MAL RÉEL


Le mal de la dépression est de moins en moins tabou et de mieux en mieux compris par la société. Il reste toutefois beaucoup de chemin à faire quant à l’acceptation de cette maladie, en particulier lorsqu’elle s’installe dans notre vie ou dans celle d’un de nos proches. La personne frappée par la dépression peut se sentir seule et sans ressources, jugée ou incomprise.

L’information sur la dépression est essentielle afin d’être en mesure de mieux la comprendre, et de saisir qu’il s’agit d’un mal réel.


D’un point de vue physiologique, la dépression à un impact sur l’ensemble de l’organisme. C’est comme si le corps était dans un état de fatigue extrême et qu’il décidait de se mettre en veille, refusant ainsi de répondre à certaines commandes. La personne dépressive ressent souvent un vide intérieur, une absence de sensations, laissant comme unique sentiment, le mal-être.

COMMENT LA DÉPRESSION PEUT AFFECTER LE COUPLE


« Un diagnostic de dépression majeure, je ne trouve pas que c’est une excuse valable à donner à son chum quand il se demande pourquoi j’ai plus envie de me coller ou de me faire l’amour avec lui. J’ai peur qu’il se tanne… ou encore qu’il croit que je ne l’aime plus ».

Jessica est loin d’être la seule dans cette situation. Bien souvent, les personnes en couple ayant reçu un diagnostic de dépression majeure ont peur de l’impact que ça aura sur leur relation amoureuse, s’inquiètent de ce que leur chum ou leur blonde en pensera. La situation peut être difficile, tant pour le partenaire qui souffre de la dépression, que pour celui qui devra l’accompagner. Cette épreuve demande une grande adaptation au sein du couple.

Dans la plupart des cas, les personnes dépressives perdent l’envie de se rapprocher, de faire des activités en amoureux ou encore d’avoir des relations sexuelles, au même titre que les autres activités du quotidien qui n’échappent pas à une perte d’intérêt marquée. Parfois, les sensations physiques liées aux activités sexuelles diminuent, voire disparaissent. Pour les femmes, une perte de sensation au niveau de la vulve, du clitoris ou du vagin peut être notée, ainsi qu’une difficulté à lubrifier, à ressentir du plaisir ou à atteindre l’orgasme. Chez les hommes, il peut être difficile de maintenir une érection, d’atteindre l’orgasme et les sensations peuvent aussi être diminuées. Les sentiments peuvent également être perturbés par la dépression. Dans certains cas, on a l’impression que le sentiment amoureux disparait, que les papillons s’envolent.

Tous ces changements peuvent affecter l’estime de soi, ainsi que l’évaluation que l’on fait de notre qualité de vie, le plus souvent, à la baisse.

Heureusement, tout cela n’est que temporaire. Les sentiments amoureux, le désir, l’envie d’être avec l’autre reviendront peu à peu, au rythme de la guérison. C’est comme si, le temps de la dépression, le corps prenait une pause et mettait en suspens ses activités, ses envies, ses sentiments afin de mieux recharger ses batteries.

Comment faire pour traverser cette période sombre dans le couple ?

TOUT EST DANS LA COMMUNICATION !


Communication, soutien, compréhension, délicatesse, respect, amour et patience : voilà des éléments essentiels pour mieux surmonter un épisode de dépression dans le couple.

Comme le sentiment amoureux ou le désir d’avoir une vie sexuelle active n’échappent pas à la « mise en veilleuse » faite par le corps au moment de la dépression, ces changements perçus dans les sentiments ou dans les sensations préoccupent les personnes vivant une dépression. Le questionnement qui en découle, quant aux sentiments amoureux ressentis ou à l’égard de la solidarité du couple, relève souvent d’une (fausse) impression. Il vaut mieux attendre que la dépression passe pour juger de nos sentiments réels envers l’autre. C’est donc plus qu’important, pour la personne qui vit la dépression, de communiquer à son partenaire ses états d’âme, de lui dire ce qui se passe « à l’intérieur » afin qu’il ou elle puisse comprendre, le mieux possible, ce qu’elle vit.

Pour le partenaire, cette période peut aussi être extrêmement éprouvante. Il est difficile de voir l’être aimé sombrer sans pouvoir lui prêter main-forte. Le partenaire a souvent tendance à vouloir « sauver » la personne dépressive. Il faut plutôt respecter le rythme de la maladie, laisser du temps, du temps pour la guérison, et pour la reconstruction. C’est donc à ce moment que le respect, le soutien et la patience (beaucoup de patience !) entrent en jeu. Accompagner dans les démarches d’aide, que ce soit dans le système de santé ou pour un soutien psychologique, peut être aidant. Il faut d’abord soigner la dépression avant de pouvoir prendre soin du couple.

ALLER CHERCHE UNE AIDE EXTERNE À SON COUPLE


Parler de sexe avec son médecin peut parfois être gênant. Pourtant, il peut nous être d’une grande aide. Dans certains cas, la baisse de désir, l’absence de sensations lors des relations sexuelles ou les difficultés à atteindre l’orgasme sont liées à la prise d’antidépresseurs et non à la maladie elle-même. Plusieurs alternatives sont alors possibles, par exemple un changement de médication pour un type d’antidépresseurs ayant moins d’effets secondaires néfastes sur la sexualité.

Parallèlement au suivi médical, amorcer une psychothérapie est une approche presque incontournable afin de mieux comprendre son mal-être et contribuer à le soigner. Par la suite, l’intégration du conjoint ou de la conjointe de la personne ayant vécu une dépression à la thérapie peut être fort bénéfique pour le couple. C’est là l’occasion d’aborder les blessures qu’a causées la dépression dans le couple, de parler des émotions négatives qui flottent autour de cette période sombre, de voir comment on peut recommencer à prendre soin du couple.

BON À SAVOIR !

Question plus pratico-pratique, si on considère que la santé sexuelle s’inscrit dans la santé générale, il peut être bien d’intégrer, si ce n’est déjà fait, de saines habitudes de vie dans notre quotidien. En ce sens, bien s’alimenter (la nourriture sert de combustible à notre corps, c’est notre énergie), être actif (le sport contribue à la sécrétion d’hormones qui génèrent un sentiment de bien-être) et avoir de saines habitudes de sommeil (le sommeil aurait un effet sur l’appétit sexuel) sont de bonnes résolutions afin de mieux soigner ce mal-être de la dépression.